Arthrodèse talo-naviculaire

Qu'est ce que c'est ?

L’arthrodèse talo-naviculaire est une intervention chirurgicale qui a pour but de fusionner les surfaces articulaires de l’articulation talo-naviculaire (naviculaire et talus). Les causes de l’atteinte articulaire sont le plus souvent l’arthrose, plus rarement un rhumatisme articulaire, une fracture... L’évolution en l’absence de traitement est la persistance ou l’aggravation des douleurs. Lorsque le traitement médical n’est plus efficace, une chirurgie d’arthrodèse est possible.

En accord avec votre chirurgien et selon la balance bénéfice-risque il vous a été proposé une arthrodèse talo-naviculaire. Il va de soi que votre chirurgien pourra le cas échéant en fonction des découvertes per opératoires ou d’une difficulté rencontrée, procéder à une autre technique jugée par lui plus profitable à votre cas spécifique.

Avant le traitement

Un bilan radiographique complet est réalisé permettant de confirmer le diagnostic et de prévoir la chirurgie.

Quel traitement ?

La chirurgie est réalisée sous anesthésie générale ou locorégionale et dure entre 45 et 90 minutes. Une cicatrice est réalisée à la face latérale ou médiale de la cheville de taille adaptée selon les cas. Les surfaces articulaires sont coupées, avivées (talus et naviculaire), puis fixées en générale par du matériel, deux agrafe ou deux vis (et autre…). A la fin de l’intervention, un drain est parfois laissé en place permettant d’évacuer l’hématome. Le drain sera enlevé sur prescription (en général un ou plusieurs jours). Une botte d’immobilisation est mise en place pour six à douze semaines.

Et après ?

Le lever est autorisé dès le lendemain, l’appui est proscrit pour une durée de six semaines mais varie en fonction de la fixation et des habitudes. La rééducation débute après la levée de l’immobilisation. Afin d’éviter les phlébites, un traitement anticoagulant est prescrit pendant plusieurs semaines. Après quelques jours d’hospitalisation, votre chirurgien autorisera votre sortie avec les ordonnances de soins nécessaires (pansement, antalgiques, anticoagulants). Vous serez revu en consultation avec des radiographies. La marche est reprise après six semaines, protégée par des cannes, avec ou sans une botte de marche. La reprise de la conduite automobile et de l’activité professionnelle dépendront de votre récupération.

Complications ?

  • La phlébite peut survenir en dépit du traitement anticoagulant. Il s’agit d’un caillot qui se forme dans les veines des jambes, celui-ci peut migrer et entrainer une embolie pulmonaire. L’hématome est rare et nécessite exceptionnellement une évacuation. La cicatrisation, parfois délicate à obtenir, peut nécessiter des soins prolongés.
  • L’algodystrophie : phénomène douloureux et inflammatoire encore mal compris, elle est traitée médicalement et peut durer plusieurs mois (voire parfois années), entrainant une prise en charge spécifique avec rééducation adaptée, bilans complémentaires et parfois prise en charge spécifique de la douleur. Elle est imprévisible dans sa survenue comme dans son évolution et ses séquelles potentielles.
  • L’infection est une complication rare mais grave. Elle peut survenir même très longtemps après la chirurgie et peut provenir d’une infection à distance de la cheville, comme une infection dentaire ou urinaire. Une infection peut conduire à une nouvelle chirurgie. Il vous est fortement déconseillé de fumer pendant la période de cicatrisation, le tabagisme augmentant de manière significative le taux d’infection. La consolidation osseuse est obtenue dans un délai de trois mois, l’absence de fusion osseuse après six mois signe la faillite de la consolidation osseuse (pseudarthrose) et nécessite une ré-intervention en fonction des douleurs ressenties. Le confort de marche dépend du positionnement de l’arthrodèse, cela pourra nécessiter des semelles orthopédiques, un chaussage adapté, voire une réintervention pour repositionnement. Le blocage d’une articulation entraînera une sur sollicitation des autres articulations du pied, qui pourront se dégrader à long terme et nécessiter elles-mêmes une prise en charge chirurgicale.

La liste n’est pas exhaustive et une complication particulièrement exceptionnelle peut survenir, liée à l’état local ou à une variabilité technique. Toutes les complications ne peuvent être précisées, ce que vous avez compris et accepté.

Les résultats à espérer

La récupération et la marche fluide nécessitent un délai de 6 à 12 mois. Le résultat attendu est une marche sans douleur. Le blocage de l’articulation sub-talienne entraîne une perte d’adaptation du pied au sol avec une gêne notamment sur les sols en devers et les terrains mous comme le sable. Les activités professionnelles sont généralement reprises après 6 à 12 mois (très variable en fonction de la profession et des cas). Du fait du blocage de l’articulation sub-talienne, une adaptation du poste de travail peut être nécessaire. Les activités physiques sont autorisées après plusieurs mois. Elles dépendent du niveau physique du patient et sont à valider avec votre chirurgien.

En résumé

L’arthrodèse de l’articulation talo-naviculaire est fréquente en orthopédie. Elle permet de traiter les destructions articulaires, quelques soient les conditions anatomiques. Cette chirurgie est irréversible. C’est un geste néanmoins éprouvant et il nécessite une réadaptation de plusieurs mois. Une adaptation voir un changement de poste de travail peut être nécessaire.

Contenu modifié le 16/11/17
Arthrodèse talo-naviculaire

AttentionLes traitements proposés sur ce site ne les sont qu’a titre indicatif.
Chaque personne est différente.
Seule une consultation avec un chirurgien pourra vous éclairer sur le traitement approprié a votre pathologie.