Arthroplastie métatarso-phalangienne du gros ortreil

Qu'est ce que c'est ?

C’est l’une des techniques chirurgicales utilisées pour la cure d’une arthrose de la base du gros orteil. Celle-ci entraîne une douleur à la mobilisation du gros orteil avec souvent craquement douloureux, entraînant une gêne fonctionnelle importante. La marche est douloureuse.

En accord avec votre chirurgien et selon la balance bénéfice-risque il vous a été proposé une arthroplastie métatarso-phalangienne du gros orteil. Il va de soi que votre chirurgien pourra le cas échéant en fonction des découvertes per opératoires ou d’une difficulté rencontrée, procéder à une autre technique jugée par lui plus profitable à votre cas spécifique.

Avant le traitement

Un bilan d’imagerie peut être demandé par votre chirurgien avec toujours une radiographie et parfois d’autres examens, mais le diagnostic en demeure clinique.

Quel traitement ?

L’intervention chirurgicale est le plus souvent réalisée sous anesthésie locorégionale. Elle dure environ 30 à 90 minutes. Le chirurgien réalise une incision longitudinale à la face médiale de l’articulation. Elle consiste en la mise en place d’une prothèse métatarso-phalangienne sur un des deux cotés de l’articulation (prothèse partielle) ou sur les deux cotés (prothèse totale). Les deux parties peuvent être impactées, vissées ou scellées avec du ciment. Les deux parties pourront ensuite coulisser l’une par rapport à l’autre, permettant de recréer une nouvelle articulation et une mobilité dans celle-ci.

Et après ?

L’hospitalisation est ambulatoire ou peut justifier une hospitalisation. La mobilisation de l’orteil est immédiate. La surveillance ultérieure des pansements, la couverture anti douleurs et anti-phlébite ainsi que les rendez-vous de contrôle vous seront indiqués au cas par cas par votre chirurgien. Le port d’une orthèse en post opératoire peut être prescrit, au cas par cas, par votre chirurgien.

Complications ?

Elles sont rares :

  • Hématome : habituellement traité médicalement, il peut rarement nécessiter une évacuation. Une phlébite peut survenir malgré le traitement préventif. L’infection profonde est exceptionnelle. Elle peut nécessiter une nouvelle chirurgie et un traitement prolongé par antibiotiques. Il vous est fortement déconseillé de fumer pendant la période de cicatrisation, le tabagisme augmentant de manière significative le taux d’infection.
  • L’algodystrophie : phénomène douloureux et inflammatoire encore mal compris, elle est traitée médicalement et peut durer plusieurs mois (voire parfois années), entrainant une prise en charge spécifique avec rééducation adaptée, bilans complémentaires et parfois prise en charge spécifique de la douleur. Elle est imprévisible dans sa survenue comme dans son évolution et ses séquelles potentielles. Une atteinte nerveuse d’un des nerfs de la partie latérale du gros orteil (pris dans un tissu fibreux cicatriciel ou exceptionnellement section de celui-ci) est exceptionnelle.
    Par contre une sensation moindre sur cette partie peut survenir pendant une période transitoire. La cicatrice peut rester gonflée et sensible pendant plusieurs semaines. Une raideur temporaire est le plus souvent observée, elle peut justifier une rééducation complémentaire, immédiate ou secondaire, une diminution séquellaire de la mobilité du gros orteil est plus rarement observée, fonction de l’état du gros orteil avant l’opération, de l’ancienneté de l’atteinte et d’autres facteurs imprévisibles. Un petit raccourcissement séquellaire de la longueur de l’orteil peut être observé. La prothèse peut se luxer, soit rapidement soit à distance, justifiant une réduction de celle-ci ou une reprise de celle-ci. Les luxations peuvent se répéter, justifiant le plus souvent une nouvelle intervention.

La durée de vie est très variable, fonction des conditions locales, de l’utilisation faite de la prothèse, et d’autres facteurs imprévisibles ou inconnus. L’usure, le descellement ou tout autre type de modification sur l’une ou les deux pièces prothétique peuvent justifier une nouvelle intervention. Une infection sur la prothèse peut conduire à une nouvelle chirurgie. Il faudra donc surveiller attentivement, traiter les infections toute votre vie et prendre bien soin de votre peau en évitant toute plaie qui constituerait une porte d’entrée pour les bactéries.

La liste n’est pas exhaustive et une complication particulièrement exceptionnelle peut survenir, liée à l’état local ou à une variabilité technique. Toutes les complications ne peuvent être précisées, ce que vous avez compris et accepté.

Les résultats à espérer

L’arthroplastie est un geste chirurgical bien codifié. Il est très efficace sur les douleurs, et permet le plus souvent en 3 à 6 mois une récupération de la mobilité et de la fonction de l’orteil. L’amélioration fonctionnelle est très importante.

En résumé

L’arthroplastie métatarso-phalangienne est une intervention justifiée devant un tableau douloureux résistant au traitement médical. Le geste chirurgical en est bien codifié, les résultats en sont le plus souvent excellents, les complications rares. Il n’est pas rare que cette affection touche les deux gros orteils.

Contenu modifié le 16/11/17
Arthroplastie métatarso-phalangienne du gros ortreil

AttentionLes traitements proposés sur ce site ne les sont qu’a titre indicatif.
Chaque personne est différente.
Seule une consultation avec un chirurgien pourra vous éclairer sur le traitement approprié a votre pathologie.